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samedi 11 octobre 2008

Rendez-vous en 2009 pour réfléchir à une "finance responsable"



Responsabilité. Plus encore que l'an dernier, le qualificatif du forum aura été le maître mot de cette édition 2008, "Nourrir et protéger la planète". Extraits du discours de clôture.

"Le discours responsable" de la Prix nobel 2004 Wangari Maathai dans le film d'Olivier Bourgeois et Pierre Barougier, "Nous resterons sur Terre". "Les arguments économiques pour une politique responsable" de Christophe Bonduelle, exemple de fierté entrepreneuriale. "L'irresponsabilité financière" comme première cause de la crise économique actuelle, que Philippe Vasseur a tenu à rappeler. "La question de la responsabilité que nous traitons est au coeur des débats économiques actuels." Rendez-vous en 2009, autour du thème des finances responsables et solidaires. Le président du forum prend date et prophétise: "Je vous garantis que nous serons alors en pleine crise financière."

Julie Albet

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Le riz, un grain de folie pour nourrir la planète

La population sur Terre ne cesse d'augmenter alors que les surfaces agricoles disponibles se raréfient. Face aux besoins alimentaires, il n'y a pas d'alternative, il faut augmenter la productivité agricole. C'est ce qui s'est passé dans les années 1960 à 1990 grâce à la Révolution Verte. Seul problème : les méthodes employées (recours excessifs aux pesticides, monoculture) ont épuisé les sols et les ressources en eau. Comment faire aujourd'hui pour produire plus sans menacer l'environnement? La solution vient peut-être des grains de riz et plus précisément du système de riziculture intensive (SRI).

Le SRI consiste à repiquer les grains de riz très jeunes (après 8 jours contre 30 jours pour la méthode traditionnelle) de manière espacée et en ligne, tout en veillant à ne pas noyer la racine sous les eaux.

Cette méthode permet d'obtenir des rendements à l'hectare 5 à 6 fois supérieurs aux techniques traditionnelles tout en réduisant la consommation d'eau de 40% et en diminuant de moitié le recours aux engrais.

Les premiers essais de SRI ont été menés à Madagascar au début des années 1980 par le père jésuite Henri de Laulanié. Depuis, l'association Tefi Saina a pris le relais. Le professeur Norman Uphoff, du Cornell Institute, s'est attaché à théoriser le SRI. Aujourd'hui, 42 pays utilisent cette méthode. Il nous explique comment tout passe par la terre et la racine.



Il n'oublie pas de rappeler la responsabilité de l'homme dans le tarissement des ressources.



Il est donc temps pour l'homme de changer son approche.



Edline Ravelonirina a été l'une des premières agricultrices malgaches à adopter le SRI sur son exploitation. Elle nous raconte comment elle s'est laissée tenter.



Malgré ce succès, il existe encore de nombreux freins psychologiques à l'adoption du SRI au sein de la population locale. Tellement peu d'eau est nécessaire à la culture que beaucoup d'agriculteurs, sceptiques, campent sur les méthodes traditionnelles de leur agriculture.




"L'eau et le riz ne se séparent de la rizière jusqu'à la marmite"... Les gains de productivité sont tels que certains proverbes multiséculaires ne devraient pas tarder à tomber.

Olivier Cougard

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Entreprises et ONG : comment travailler ensemble ?

Il y a les ONG qui refusent catégoriquement tout compromis avec les entreprises par peur de la corruption ; celles au contraire qui considèrent qu'une collaboration plus ou moins poussée avec les firmes est nécessaire pour faire changer les comportements. Le dernier colloque du World Forum a abordé la question délicate des interactions entre ONG et secteur privé.

"Par rapport aux enjeux du développement durable, ça me paraît encore très notoirement insuffisant. Il faut qu'on aille beaucoup plus loin." Damien Deleplanque, PDG du groupe Adéo, ne mâche pas ses mots : hormis l'expérience d'un magasin test qui a supprimé tous les pesticides de son rayon jardinage, l'objectif "developpement durable" est encore loin d'être atteint. Et pourtant, "c'est une expérience généralisable et les alternatives sont possibles", affirme Damien Deleplanque, qui assure : "Les entreprises comme la mienne ont un rôle extrêmement important à jouer sur l'évolution des mentalités."
Même constat chez Michiel Leijnse, manager de Lipton, qui assène comme un slogan : "Nous n'héritons pas de la Terre de nos parents, nous nous préparons à la léguer à nos enfants." Selon lui, l'entreprise a tout à gagner à travailler main dans la main avec les ONG, car si une organisation à but non lucratif apporte une certification à ses produits, cela instaure une meilleure relation entre la firme et ses consommateurs. Et d'ajouter : "L'indépendance de l'ONG vis-à-vis de l'entreprise est très importante pour que la certification soit jugée crédible."
Dans les faits, une ONG peut-elle réellement collaborer avec une entreprise sans perdre son indépendance ? Pour Chris Harris, de Greenpeace, les ONG qui acceptent de l'argent de la part du secteur privé courent un gros risque. Son organisation ne fait "aucun compromis" sur le sujet, et tous les fonds proviennent de ses membres et de fondations indépendantes. "Quand on accepte l'argent d'une organisation et que l'organisation fait quelque chose qui ne vous plaît pas, vous vous compromettez d'une manière ou d'une autre", affirme-t-il.

"On a besoin d'ONG totalement indépendantes"
Scott Poynton, PDG de Tropical Forest Trust, est moins catégorique : 50% de ses revenus proviennent du secteur privé. "On ne s'interdit pas de dire quand une entreprise travaille mal, mais on ne s'interdit pas non plus de dire quand elle travaille bien", nuance-t-il, avant d'ajouter : "On a quand même besoin d'ONG totalement indépendantes, comme Greenpeace, pour créer le scandale, éveiller les consciences, secouer."
Pour Nancy Dale, d'Action Against Hunger : "On a besoin du secteur privé en tant que partenaire : l'investissement privé dans les pays en développement est aujourd'hui plus important que l'investissement de la communauté d'assistance aux pays en développement." Et finalement, c'est tout bénéfice pour les entreprises... "Faire de bonnes actions fait aussi du bien aux comptes de l'entreprise, car les consommateurs sont curieux de savoir ce que la firme fait dans le secteur du développement durable."
Quant à savoir si les ONG et le secteur privé constituent encore deux entités bien distinctes, les intervenants jugent globalement les limites de plus en plus floues. "Nous avons des employés qui travaillent pour Tropical Forest Trust et au sein du marché privé, témoigne Scott Poynton. Il y a de plus en plus d'organisations où la frontière n'est plus si évidente."


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"Les entreprises doivent mobiliser tous leurs employés"

L'atelier de samedi matin avait pour but d'aider les entreprises à intégrer leurs employés dans le processus de protection de l'environnement. "Les entreprises doivent poursuivre leurs efforts et passer de la prise de conscience à l'action" a expliqué Olivier Classiot. Pour Goeff Townsend, "elles doivent motiver et donner envie" aux gens de s'impliquer. Scott McAusland a, pour sa part, précisé que " la transparence est indispensable car ce qu'on ne connaît pas ne peut pas être changé".

Goeff Townsend a expliqué que les entreprises avaient "le devoir d'éduquer les gens". En s'appuyant sur des exemples concrets, il a expliqué que les entreprises avaient besoin de meiux connaître les consommateurs et d'établir avec eux une relation à long-terme. "Si on s'y met sérieusement, on en ressent les bénéfices" a-t-il dit. Il a présenté une méthode en huit points : déterminer les raisons de l'engagement de l'entreprise, indentifier quelques problèmes-clefs, communiquer ses intentions, prendre un engagement stratégique, lancer le processus (mettre en place des formations et donner des responsabilités aux employés), connaître les intérêts des consommateurs, innover, et faire des évaluations régulièrement.

Scott McAusland a insisté sur la nécessité de développer un langage commun pour le développement durable, d'établir un cadre de référence commun. Son entreprise souhaite réunir les chefs d'entreprise et collecter les rapports d'entreprise pour estimer leur participation au développement durable.

Elizabeth Pastore-Reiss a conclu : "Le vrai problème, c'est le changement des mentalités."

Anne Cantener



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Sharing reponsibility workshop: include the employees

Saturday morning workshop aimed to help the companies including their employees into the protection of the environment process. "Companies should maintain their efforts and move from awareness to actual training" said Olivier Classiot. According to Goeff Townsend, "they have to motivate, excite and enthuse" people. And Scott McAusland stressed that "transparency is essential since what cannot be measured cannot be changed".

Main topic of the conference: how to include the employees into the process.

Goeff Townsend explained on stage that companies have "the responsibility to educate people". In his speech, based upon concrete examples of what his own firm implemented, he stressed that companies need more consumers feedback and to establish a long-term relationship with them. "If you take it seriously, you will see the benefit" he said. He presented an 8 step-method: make a start, establish why engaging sustainability, identify a few top issues, communicate your intentions, make a strategic commitment, engage in the process (implement training and empower people), establish consumers focus, innovate, and make regular reviews.

Scott McAusland insisted on how important it is to develop a common language for sustainability reporting and to build a common frame of reference. His company aims to bring business leaders together and collects companies' reports to evaluate how they act (or not) to protect the environment.

Elizabeth Pastore-Reiss concluded: "Cultural change is really the issue."

Anne Cantener

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Compte-rendu: La longue route vers l'entreprise responsable



RSE. Trois lettres pour évoquer la Responsabilité sociale et environnementale des acteurs économiques. Vendredi, une conférence était dédiée à cette RSE des entreprises, autour de Marc Roquette, président du groupe du même nom, et Don Rossouw, président de l'ISBEE (International society of business, ethics and economics).

Marc Roquette s'est consacré à la description d'une "expérience de pensée", autour de l'avenir de la chimie organique. Une expérience destinée à produire plus en émettant moins de CO2. Marc Roquette s'est employé à présenter au public ce que la production industrielle, celle de son groupe notamment, pourrait devenir d'ici à 2 100, si étaient appliquées des pratiques responsables. Si ces idées se concrétisent un jour, la pétrochimie d'aujourd'hui pourrait être remplacée par la "végétochimie ou chimie du végétal". L'objectif final de l'industriel : produire sans émissions de CO2. Pour cela, il ambitionne de "coupler le nucléaire de fusion avec la culture des micro-algues". Manquait peut-être, dans ce discours, l'idée que se fait Marc Roquette de la définition d'une entreprise responsable.

Un manque que l'universitaire sud-africain Deon Rossouw a rapidement comblé (voir interview de Deon Rossouw).




"Pour résoudre la crise, il faut repenser le rôle de l'entreprise et de l'économie dans la société. [...] L'entreprise responsable
doit trouver l'équilibre entre régulation et responsabilité. [...] Une régulation équilibrée qui laisse la place à une responsabilité pleine d'imagination."

Au-delà des aspects techniques soulignés par Marc Roquette, "quelque chose doit changer dans l'esprit des gens pour que ces procédés techniques deviennent réalité", a souligné Deon Rossouw.

Lucile Sourdès et Marie Rouarch

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vendredi 10 octobre 2008

Compte-rendu : Développement durable, quel rôle pour les médias?

Quel est le rôle des médias dans la sensibilisation du public aux questions d'environnement et de santé? Le journaliste doit-il se contenter d'informer ou doit-il au contraire alarmer? Ces questions étaient au coeur du colloque "Médias et développement durable: informer ou alarmer l'opinion?", ce vendredi matin au Théâtre du Nord. Trois invités, trois continents: trois manières d'appréhender le rôle du journaliste par rapport aux problématiques du développement durable.

Pour la Malaysienne Tan Shiow Chin, journaliste à The Star, les médias se doivent avant tout d'être impartiaux et objectifs, se contentant ainsi de relater les faits et de laisser les lecteurs se forger leur propre opinion sur les méfaits du réchauffement climatique par exemple. Il s'agirait donc, a priori, d'une simple fonction d'information. Mais en informant, le journaliste alarme forcément le public en attirant lui donnant les clefs pour agir et réagir.



Tan Shiow Chin explique son doute quant à la question de savoir si le journaliste doit informer ou alarmer.


Kimani Chege est rédacteur en chef de TechNew Africa, un mensuel consacré aux sciences et aux technologies. En prenant l'exemple des biocarburants, il montre à quel point les médias africains ont eu des difficultés à jouer leur rôle d'"opinion shapers" (formateurs d'opinion) en privilégiant l'aspect positif et révolutionnaire des biocarburants.



Le Québecois Jean-Marc Fleury, directeur général de la Fédération mondiale des journalistes scientifiques, met en avant le rôle du journaliste scientifique, plus que du journaliste généraliste, dans l'information du public sur les thèmes du développement durable.


Selon Jean-Marc Fleury, le rôle du journaliste scientifique va devoir changer: il va être chargé d'être "critique" de la science, comme il existe des critiques d'art, pour distinguer la "bonne" science de la "mauvaise".




Marie Rouarch et Lucile Sourdès

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Génération 2008 : tous écocitoyens

La génération 2008 sera écolo ou ne sera pas. Selon une étude récente, 9 jeunes sur 10 se disent concernés par la thématique du développement durable. Mais quand on est lycéen, étudiant ou jeune actif, ce n'est pas toujours évident d'agir concrètement pour préserver la planète... Certains ont pourtant relevé le défi et raconté leurs expériences lors d'un colloque à l'auditorium, ce matin.

Frédéric Hédouin, directeur du programme Dialogues-Equation, est formel : l'écologie est une priorité grandissante pour les jeunes. Une étude menée au début de l'année sur 800 étudiants montre que 85 % d'entre eux sont motivés par le développement durable et l'impact qu'il aura sur leur vie professionnelle. Un tiers insiste même pour que ce soit au centre de leur métier.
Les moins de 25 ans qui formaient la majorité du public de l'auditorium ont donc prêté une attention toute particulière aux témoignages des intervenants, de quelques années plus âgés qu'eux seulement. Parmi eux, Lo Chay, ingénieur cambodgien qui a reçu le prix du jeune responsable d'ONG le plus remarquable en 2007 pour avoir co-fondé "1001 fontaines pour demain". Sur la période de 2004-2013, son ONG devrait permettre l'installation de près de 1500 points d'eau potable au Cambodge, à Madagascar, au Bengladesh, en Inde et au Viet-Nam. Un premier pas pour répondre aux besoins du milliard de personnes qui n'a pas accès à l'eau potable dans le monde.
Egalement présents autour de la table, les trois membres de l'association Coeur Vert qui ont raconté leur tour du monde écologique (le zoom). Dans le même esprit, Matthieu, en direct d'Inde par visio-conférence, a témoigné sur son expérience au sein de son association, Shake your planet. Il est parti à l'aventure dans quatorze pays pour y recueillir des exemples novateurs de développement durable. Ainsi, au Brésil, les "catadores" (chiffonniers), qui ramassent dans la rue les déchets recyclables pour les revendre aux entreprises à un prix souvent dérisoire, ont été réunis en coopératives afin de poursuivre leur activité en augmentant leur salaire.
Plus près de chez nous, ici à Lille, le centre de valorisation des déchets organiques transforme ces déchets en biogaz notamment, pour faire rouler les autobus de la ville. "Un vrai exemple qui fonctionne" et pourrait être reproduit ailleurs, selon Matthieu.

Clara Baudel

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Cultiver sans épuiser


L'industrie et la préservation des ressources naturelles, deux notions incompatibles? Les modes d'exploitation de nos sociétés développées épuisent trop vite la planète, dont les ressources ne suivent pas. Pour quelques acteurs mondiaux, ce constat n'est pas une fatalité: la gestion responsable reste un défi à mettre en place.

Visions croisées de Bakari Kante (ONU) et Christophe Bonduelle (Bonduelle)


"L'environnement, c'est le capital du pauvre". Pour Bakari Kante, responsable du développement des politiques et du droit de l’environnement au sein du PNUE (programme des nations unies pour l'environnement), la pauvreté n'a rien à voir avec l'argent. Sa cause principale: la dégradation de l'environnement et la disparition des ressources naturelles pour de nombreuses personnes. Et cette crise de "sustanaibility" (durabilité des ressources), a atteint un état grave:



Les industriels, grands consommateurs de ressources naturelles, sont les premiers montrés du doigt. Certains entrepreneurs tentent d'adopter des comportements "responsables" dans leurs modes de fonctionnement. Exemple avec l'entreprise Bonduelle, spécialisée dans la transformation industrielle des légumes. La crise des ressources ne se rencontre pas seulement dans les pays les moins développés: la terre cultivable est une denrée qui pourrait se raréfier:




La solution pour Bonduelle passe par une charte d'approvisionnement avec ses fournisseurs en légumes.




"Responsabilité et profitabilité ne sont pas deux notions contradictoires", a conclu l'entrepreneur.
Mathilde Bellenger

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Chasse aux toxiques

Étudiants, employés, chefs d'entreprises... Ils étaient nombreux, hier, à se presser dans la salle F, à l'occasion d'un atelier sur la fabrication de produits non toxiques. Au micro, quatre intervenants, représentants d'entreprises qui ont choisi d'éliminer totalement ou en partie les articles toxiques de leurs rayons. Une mission peu aisée car les composants nocifs sont présents dans la plupart des produits que nous utilisons tous les jours.

Bettina Horsch et sa société Wigwam construisent des bâtiments selon un critère : la qualité de l'air intérieur. Selon l'architecte allemande, on passe près de 90% de notre temps à l'intérieur. Sans forcément savoir que le secteur de la construction utilise des produits extrêmement nocifs pour la santé et pour l'environnement. Elle en liste quelques uns :


Christine Viron travaille pour l'entreprise de jardinerie Botanic. Elle raconte devant un public quelque peu incrédule, que sur 135 matières actives en jardinerie amateur, 97 sont toxiques pour la santé et 25 préoccupantes pour l'environnement. Les produits nocifs sont donc nettement plus présents qu'on ne le croit :


Son avis sur les engrais chimiques fait froid dans le dos :

André Malsch est responsable de la cellule développement durable chez Steelcase international, un constructeur de mobilier de bureau. L'entreprise a mis au point un nouveau modèle de siège de bureau plus respectueux de l'environnement. Il nous raconte le processus de création d'un tel objet.


La raison d'un tel engouement? Difficile de faire la part des choses entre un véritable intérêt écologique et l'acquisition de nouveaux marchés. Car ils l'avouent tous : surfer sur la vague écolo fournit à l'entreprise un véritable argument de vente face à des concurrents qui continuent à vendre des produits toxiques et polluants.

Anne-Julie Contenay et Angeline Demuynck


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jeudi 9 octobre 2008

Répondre au défi de la faim: des nouveaux modèles économiques à inventer




"Réduire l'extrême pauvreté et la faim". Voilà le premier objectif du millénaire pour le développement que s'est fixé l'ONU. L'atelier de cet après-midi a évoqué les nouveaux modèles économiques qui peuvent permettre de répondre à ce problème d'urgence qu'est la faim.

Répondre aux défis alimentaires par des solutions locales. Selon Marco Selva, membre du Progamme alimentaire mondial (PAM) qui intervient dans 89 pays, la solution se trouve dans les partenariats que les institutons et ONG établissent avec les entreprises et initiatives privées. Par exemple, avec la Laiterie du Berger, PME fondée en 2006 par Bagoré Bathily. Ce jeune Sénégalais a voulu valoriser les ressources de son pays, choqué par ce contraste:

"90% du lait est importé dans mon pays alors que le Sénégal est peuplé
par 30% d'éleveurs. Il faut valoriser les producteurs locaux."

Grâce à un fonds d'investissement européen, il a construit une usine qui collecte du lait auprès de 600 éleveurs. La pérennité économique de l'entreprise? Pour l'instant, la Laiterie du Berger n'est pas rentable financièrement, mais socialement, elle a déjà un impact. Cette distinction entre les différentes formes de la rentabilité, Bagoré Bathily l'a apprise grâce à Emmanuel Marchant. Il est directeur de danone.communities, ce fonds d'investissement lancé par Danone en 2006


"Il s'agit d'un système économique radicalement nouveau puisque ce n'est pas la rentabilité économique qui compte mais l'impact sociétal. D'ailleurs, 40% des investisseurs sont des employés de Danone, à qui j'ai uniquement promis une rentabilité de 3% par an. L'investissement est ouvert au grand public. Le modèle de gouvernance est très particulier également car ce fonds d'investissement n'appartient pas à Danone, il n'y a donc que trois personnes de Danone qui siègent au conseil d'administration."

De quoi s'agit-t-il? Danone s'est associé à Muhammad Yunus, fondateur de la Grameen Bank et prix Nobel de la Paix 2006, pour monter une usine pilote au Bangladesh en 2006 destinée à fabriquer des yaourts fortifiés en zinc, fer, iode et vitamine A. Une manière de prolonger la mission de Danone ("apporter au plus grand nombre la santé par l'alimentation") dans un pays dont la moitié de la population souffre de malnutrition. Pas complètement séparé de Danone alors?

"C'est évident que Danone ne fait pas ça pour rien. Je ne suis pas sûr que ça serve son image en France mais ça l'améliore sûrement au Bangladesh. Le jour où l'enteprise lancera un nouveau produit sur ce marché,
l'accueil sera sûrement favorable."

Un nouveau modèle économique donc, entre "charity et business."

Julie Albet


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Compte-rendu : d'une révolution verte à une autre

Quels enjeux pour le monde agroalimentaire ? Les intervenants de Nestlé, Danone et Alpro Soya ont pu confronter leur vision lors d'un colloque. Dans les années 60, le monde connaissait une première révolution verte. Le progrès dans la connaissance des engrais, l'irrigation et les produits phytosanitaires ont contribué à améliorer le rendement d'une parcelle de terre. Un même morceau de terrain produit aujourd'hui quatre fois plus de blé qu'il y a un siècle.



Cette agriculture intensive est aujourd'hui remise en cause. Trop destructrice pour l'environnement. Appauvrissement des sols, de l'eau, et demande importante en énergie : les capacités de la biosphère ont été dépassées. Et pourtant, la population augmente toujours (9 milliards à l'horizon 2050, selon les prévisions de l'ONU). Il est donc temps pour l'industrie agroalimentaire de faire une autre révolution verte.


En commençant par...

Danone (Bernard GIRAUD, directeur du développement durable): Produire plus avec plus d'intelligence. C'est-à-dire faire confiance à la recherche, comme pour les OGM. Et étudier l'empreinte environnementale d'un aliment, du champ de l'agriculteur à la poubelle du particulier.


Nestlé (Niels CHRISTIANSEN, vice-président): Réduire la consommation d'eau. 93% de l'eau est utilisée pour l'agriculture. Nestlé a diminué sa consommation d'eau de 28% entre 1998 et 2007. Cette effort passe par l'éducation et une collaboration directe auprès des fermiers.


Alpro soya (Jean CORNET, directeur marketing et innovation): Le soja comme alternative à la protéine animale. Les protéines animales sont une habitude alimentaire caractéristique d'une classe moyenne en constante augmentation. Mais on n'obtient qu'un kilo de protéine animale pour 16 kg de protéine végétale de soja, à empreinte écologique identique.

Dilemme :

Pour les trois intervenants, la difficulté, aujourd'hui, est de réussir à concilier trois critères parfois contradictoires : le profit, le social et la planète. Bernard Giraud nous parle de l'exemple des pots de yaourts non-recyclables.
"Un produit est recyclé si on lui trouve une valeur économique. Par exemple, le plastique de certaines bouteilles peut servir à faire des laines polaires ou d'autres bouteilles. L'enjeu, pour le pot de yaourt, c'est d'être capable de lui trouver une réutilisation qui ait une valeur économique qui va justifier ce travail de recyclage."


A défaut, il est aussi envisageable de modifier le matériau, au profit d'un biomatériau recyclable.

" Par exemple, des plastiques biomatériaux, faits à partir de matière végétale, de biocellulose. On pourra à la fois les recycler, et les biodégrader."


Si certains biomatériaux existent déjà, ils sont aujourd'hui beaucoup trop chers. Une charge que l'entreprise ne peut pas supporter, ni le consommateur, selon Bernard Giraud.

"Si vous pensez que le consommateur est prêt à payer son yaourt 30% plus cher sous prétexte qu'il y a un pot fait à partir de biomatériaux, vous vous trompez. C'est à nous de trouver une solution qui nous permette d'arriver au même prix pour le consommateur et qui soit meilleure pour l'environnement. Ca nécessite des investissements lourds. Mettre en place une filière de bioplastique, c'est structurer depuis l'amont agricole jusqu'à nos usines, en adaptant nos machines."




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Philippe Vasseur et Wangari Maathai lancent le World Forum


Philippe Vasseur, président de Alliances-World Forum Lille, a ouvert ce matin le deuxième forum mondial sur la responsabilité sociale et environnementale. L'occasion de mettre en évidence le fil rouge de ces trois jours de rencontres: la crise alimentaire.

"Il y a un tohu-bohu, un vacarme assourdissant lié à la crise financière. Que cela ne nous empêche pas d'entendre le milliard de personnes qui crient famine aujourd'hui" : Philippe Vasseur a tout de suite donné le ton de ce forum, qui se donne pour objectif de répertorier les bonnes pratiques pour cultiver nos ressources planétaires.

"Les crises que nous traversons (financière, alimentaire, environnementale) sont notre responsabilité. (...) Nous voulons présenter des choses concrètes, les actions qui marchent. Nous ne sommes pas là pour dire ce qu'il faudrait faire mais ce que nous pouvons faire, parce que nous les faisons déjà."

Le Prix Nobel de la Paix 2004, Wangari Maathai, était l'invitée d'honneur de la conférence "Nous tous, responsables de la terre!". "Qu'avons-nous fait à notre monde?", a-t-elle lancé au public :

"Le contrôle des ressources naturelles est la cause de la plupart des conflits qui agitent le monde actuel. Une poignée de privilégiés profitent des ressources aux dépens des plus nombreux. Il faut apprendre à les gérer de manière plus équitable et plus responsable."

Wangari Maathai lutte depuis plusieurs années contre la déforestation, notamment au Kenya dont elle est originaire. Elle a rappelé ce matin que la protection des forêts est un élément essentiel de la lutte contre les gaz à effet de serre.
"20% des émissions de gaz à effet de serre sont dues à la dégradation des forêts. Un chiffre supérieur aux émissions liées au secteur des transports."


Se référant à la Bible, elle est revenue sur le fait -parfois oublié- que l'être humain n'est pas la seule espèce sur terre. "Dieu a créé l'homme en dernier, après avoir créé toutes les autres espèces. Ce n'est pas pour rien: s'il avait commencé par l'homme, il n'aurait pas survécu. L'espèce humaine dépend des autres espèces, alors que celles-ci n'ont pas besoin de nous. Demandons-nous qui est vraiment indispensable sur cette planète."


Mathilde Bellenger, Marie Rouarch, Lucile Sourdès

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