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samedi 11 octobre 2008

Protéger plus pour gagner plus

Ce petit homme à l'anglais hésitant est venu de loin. Hiroshi Morimoto, chargé de l'environnement et de la sécurité chez Sharp, a évoqué samedi les efforts de son entreprise en matière d'environnement. "Nous voulons être une entreprise qui a trouvé un équilibre entre l'augmentation du chiffre d'affaires et la protection de l'environnement", explique-t-il.



Toujours plus grand, plus plat, moins cher... en matière de technologie, la mode des nouvelles télés coûte cher à la planète, avec ce goût du clinquant qui sied mal à l'environnement. Hiroshi Morimoto, directeur du service Environnement et sécurité chez Sharp, affirme que son entreprise est différente. L'entreprise a inventé en 1999 le concept d'"Usine super verte". C'est devenu un label, décerné à toutes les usines de la marque au Japon et à 15 autres filiales à l'étranger, dont celle de Soultz, en France. Sharp s'attache autant à limiter ses impacts sur l'environnement qu'à créer des produits les moins nocifs possibles. Un modèle qui s'appuie sur la solide assise financière de l'entreprise, et qui peut être compliqué à reproduire.

La modératrice Flora Bernard, du cabinet de conseil BeCitizen et Alex Markevich, le vice-président de l'ONG Rocky Mountain Institute, ont davantage insisté sur la nécessité de faire la chasse au gaspillage dans l'industrie. "Pour améliorer l'utilisation des ressources, il faut repenser tout le système, et chercher à faire des économies à chaque étape", a détaillé Alex Markevich. "Nous expliquons aux chefs d'entreprise qu'ils peuvent gagner de l'argent en respectant l'environnement", explique Flora Bernard, en citant l'exemple d'une entreprise dont 20% des ressources énergétiques proviennent de ses propres déchets.

Anne-Gaëlle Besse


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Grenelle de l'environnement : opportunité ou contrainte pour le BTP?

En crise, le secteur du BTP sera-t-il prêt à se plier aux nouvelles réglementations imposées par le Grenelle de l'environnement? Alors que les députés doivent étudier le projet de loi "Grenelle I" en début de semaine prochaine, éléments de réponse avec Rodolphe Deborre, responsable des bâtiments positifs chez BeCitizen.


Tous les bâtiments neufs construits en France devront répondre aux normes de basse consommation d'énergie à l'échéance de 2012. Le Grenelle de l'environnement l'a décidé ainsi en octobre 2007. Et sur le long terme, ces bâtiments devront être positifs, c’est-à-dire qu’ils produiront plus d’énergie qu’ils n'en consomment. Un bien bel objectif, certes. Mais réalisable?

"Il n'y a pas d'échappatoire possible, le processus est en marche. Face à la hausse du prix du pétrole, la réglementation est obligatoire. La crise actuelle va peut-être provoquer des retards mais les petits malins qui vont se spécialiser dans le bâti à faible consommation vont remporter tous les marchés", pronostique Rodolphe Deborre.

Mais crise il y a bien. De juin à août, les mises en chantier de logements ont baissé de 13,1% par rapport à l’année précédente. Selon les chiffres fournis par le ministère de l’Ecologie, le nombre de permis de construire a reculé de 19,6% dans cette même période. Quant aux logements collectifs, les mises en chantier ont baissé de 23,3% sur le trimestre.

Aucun doute: le secteur du BTP tourne au ralenti depuis quelques mois. Mais entre les rénovations thermiques sur la majeure partie du bâti en France et la pression sur le neuf qui devra répondre aux nouvelles normes, de nouveaux marchés sont à la clé. Dans tous les cas, selon Rodolphe Deborre, les professionnels du secteur n'ont pas vraiment le choix.


"Pour réduire les émissions de CO2, la solution la plus facile pour les pouvoirs publics est d'agir sur le bâtiment. C'est le moins cher, surtout par rapport aux transports, et c'est le seul secteur sur lequel a pu se faire le consensus au Grenelle de l'environnement."Et pour ceux qui objecteraient que ce genre de constructions est, tout du moins à court terme, plus onéreux que les constructions classiques, le consultant de BeCitizen répond: "Quand la maison brûle et qu'on vous présente un extincteur, on ne dit pas qu'il est trop cher."

Julie Albet


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Le génie écologique au service de la biodiversité: l'exemple de Dervenn

Il se définit comme un "artisan de la biodiversité": Patrice Valantin (photo) était au Forum pour présenter Dervenn, entreprise d'études et de travaux en génie écologique, qui intervient auprès de collectivités privées et publiques pour restaurer, réaffecter ou réhabiliter des sites naturels.
Avec son activité dans l'Ouest de la France - elle est basée à Mouazé, au nord de Rennes - Dervenn est pionnière dans la recherche de solutions pour la biodiversité, qui incluent l'expertise, la mise en oeuvre, le suivi et la gestion des actions. L'équipe est formée de 24 personnes, dont 4 ingénieurs et 15 spécialistes qui interviennent sur le terrain.


Les interventions visent à valoriser les potentiels des territoires: ce sont des opérations de renaturation, de diversification ou de création d'habitats naturels. Voici un exemple concret.




Dervenn crée des zones refuges pour les oiseaux, valorise la biodiversité des campus universitaires, s'occupe de la gestion éco-pastorales des friches... Des tas d'actions qui intéressent pour l'instant surtout les collectivités publiques et moins les privées. "C'est un problème de communication, explique Patrice Valantin, fondateur de Dervenn il y a six ans. Je veux me doter d'un système de com' qui puisse sensibiliser des entreprises privées, c'est leur intérêt d'être entourées par une nature riche et biodiversifiée!"

Nicola Accardo

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Les entrepreneurs aux prises avec le bilan carbone

Il y a les particuliers qui calculent leur empreinte écologique sur Internet. Histoire de se faire peur, de changer (ou pas) leurs habitudes de vie. Et puis il y a les chefs d'entreprise, pour qui le carbone fait partie du business. Explications après l'atelier "Crédits et quotas carbone, ou comment donner un prix aux émissions de CO2".




Michel Denys dirige le pôle environnement et développement durable du groupe Carmeuse. Ces Belges-là ne produisent pas de la bière, mais un produit beaucoup plus toxique pour l'atmosphère: la chaux. "Pour une tonne de chaux, on dégage une tonne de CO2", explique-t-il, PowerPoint à l'appui. Une tonne seulement, puisque certains fours moins performants en font deux...
Dans le cadre d'un système de quotas européens imposé aux industries les plus polluantes, Carmeuse doit acheter des crédits carbone, pour compenser ses dépenses. "On doit répercuter ce coût sur le produit fini, alors que les pays en développement ne sont pas soumis au système de quotas", précise-t-il.


A l'autre bout de la chaîne: Patrick Villemin, vice-président de Verde Dominicana. Cette filiale d'une entreprise française veut récupérer l'argent des crédits carbone pour monter une entreprise de récupération des déchets organiques à Moca, une ville agricole de la République dominicaine. Derrière les hôtels de luxe et les palmiers de cette destination carte postale, pas de traitement des poubelles. En s'entassant dans les décharges, les ordures dégagent du méthane. Lui propose de vrécupérer les déchets organiques pour en faire de l'engrais bio pour les agriculteurs locaux."Si nous n'obtenons pas les crédits carbone, notre projet ne se fera pas", explique-t-il en détaillant les risques inhérents à son entreprise (climat, climat politique...). Mais il est difficile de convaincre tous les opérateurs: gouvernement dominicain, ONU pour obtenir l'agrément. Des projets d'entreprise suspendus aux enjeux du marché du carbone: les prix sont variables, plusieurs mécanismes de financement sont prévus et la bonne idée du crédit carbone peut avoir des effets pervers, comme le souligne Philippe Freund, le modérateur de l'atelier. "Une étude allemande a prouvé que si l'Union européenne développe les quotas carbone (comme ceux auxquels les producteurs de chaux sont soumis), les entreprises délocaliseront, ce qui augmentera encore plus leur production de CO2."

Anne-Gaëlle Besse

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Le bulletin météo de Syngenta Agro

La société Syngenta Agro est un leader mondial du marché des produits phytopharmaceutiques (fongicides, herbicides, insecticides, etc). Pour éviter les phénomènes de diffusion des pesticides lors des mauvaises conditions climatiques, Syngenta met gratuitement à disposition sur son site Internet un système intelligent de prévisions météo. En consultant cette "agro-météo", les exploitants peuvent ainsi choisir le moment idéal pour pulvériser les produits sur leurs plantes. Ainsi, ils peuvent organiser leur traitement heure par heure, en évitant les risques de contamination.



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Zoom sur : la bonne idée de Didier et Christelle

On parle d'économie sociale, d'économie solidaire, d'économie sociale et solidaire...on s'y perd un peu. Alors Christelle, formatrice, et son associé Didier travaillent ensemble à fédérer tous ces acteurs qui font de l'entreprenariat autrement.


Christelle et Didier ont été mandatés par la Mairie pour réaliser une étude dans le Nord sur les acteurs de l'économie sociale et solidaire. Mais qu'est-ce que ça va dire? "Justement, on n'arrive pas à avoir une définition claire. Cette étude permettra de savoir qui fait quoi car beaucoup d'initiatives existent dans le Nord, entre le bio, le commerce équitable, la lutte pour la diversité dans l'entreprise...chacun agit, mais un peu dans son coin!"
D'où l'idée de creer un collectif, un réseau, une fédération... le nom et la forme restent à définir mais l'objectif est clair: conjuguer les talents des grandes comme des plus petites entreprises pour leur donner des repères et les aider à se regrouper et à se connaître. Et pourquoi pas élaborer une communication collective?
Julie Albet

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vendredi 10 octobre 2008

Zoom sur : l'Australie se désaltère à l'eau de mer


L'Australie a adopté en juin 2004 une "initiative nationale pour l'eau", dotée d'un fonds d'investissements d'1,25 milliards d'euros. L'île, qui abrite une population fortement urbanisée sur ses côtes, est en effet confrontée au déclin de ses réserves en eau potable. Elle s'est du coup penchée du côté de l'eau de mer, dans un processus de dessalement coûteux et dont l'impact sur l'environnement continue de poser question.



Si le déclin des ressources en eau potable est aggravé par les conditions climatiques des 30 dernières années, il est surtout provoqué par "les habitudes de consommation excessives des Australiens", confie Craig Knowles, ancien ministre du foncier et de l'eau de l'état de Nouvelle-Galles du Sud. L'Australie s'assèche, et recherche de l'eau potable.

Exemple révélateur donné par l'ancien ministre, le réservoir de Sydney, qui alimente 75% de la population de la ville, n'est aujourd'hui qu'à 30% de sa capacité maximale. Une quantité faible qui présente en plus des risques d'atrophie de l'eau (algues, eau stagnante).

Face à ce constat, l'Australie a opté dans les années 2000 pour la dessalement, que ce soit à Sydney, Perth ou encore Melbourne. La perspective est attrayante sachant que si 72% de la surface totale de la terre est recouverte d'eau, 97% de cette eau est salée.

Séduisante, la solution est aussi critiquée du fait du prix, de la forte consommation en énergie que le système nécessite, et des gaz à effet de serre qu'elle rejette. Une étude de la WWF datant de juin 2007 recense une dizaine de milliers d'usine de ce type dans le monde. La moitié d'entre-elles sont dans la région du Golfe, et couvrent environ 60% des besoins en eau douce des pays producteurs de pétrole. Ces pays étaient les seuls au départ à pouvoir supporter le coût de telles ingénieries.

"Mais les récentes innovations technologiques ont permis de baisser les coûts", explique Greig Mercer, chef de projet chez Degrémont. Cette filiale du groupe Suez est le spécialiste mondial des usines de traitement d'eau. Degrémont a inauguré en 2006, à Perth, une usine de dessalement d'eau de mer fonctionnant à l'énergie éolienne. Et Greig Mercer l'assure, "les eaux renvoyées dans la mer ne sont pas plus salées, dans une tolérance de 1%".

Le dessalement de l'eau de mer est surtout une solution locale, qui évite le transport d'eau potable. Une solution locale exportable puisque 40% de la population mondiale vit à moins de 70 km d'une côte maritime.

Menace potentielle ou solution d'avenir, le dessalement de l'eau de mer continue de faire débat. Mais comme le montre cette vidéo postée sur Youtube par un opposant au procédé de dessalement, il serait bon de s'assurer qu'il est possible de dessaler l'eau de mer sans saler la facture environnementale, avant de détruire les magnifiques paysages des côtes australiennes.




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A la claire fontaine cambodgienne


Ce ingénieur cambodgien de 32 ans donne à boire à son pays. Lo Chay a fondé "1001 fontaines" pour développer l'alimentation en eau des villages cambodgiens dans une logique de développement économique et écologique.

Un des dix jeunes les plus remarquables de l'année 2007. Lo Chay a reçu le prix de la Junior Chambre International pour son association "1001 fontaines". En français dans le texte, puisque cet ingénieur en génie rural a fait une partie de ses études en France. . Assis à côté des jeunes de Coeur Vert pour le débat "Génération 2008: génération responsable?", il a expliqué son action.




Le grand avantage de ses stations "fontaines", c'est qu'elles impliquent véritablement les populations rurales au Cambodge et à Madagascar: la centrale qui épure l'eau est construite en fonction de la motivation des villageois, qui la font fonctionner, prennent en charge les bombonnes et les livrent à raison de 0.01$ le litre - histoire d'être accessible au plus grand nombre. Une station produit 600 litres par heure et doit permettre aux villageois des 8 kms alentour d'accéder à l'eau potable.


La centrale respecte puisqu'elle est constituée d'une série de filtres et d'une batterie qui produit des rayons UV et fonctionne à l'énergie solaire.


Est-ce rentable? le litre revient en réalité à 1,5$ mais depuis 2005, les stations fontaines fonctionnent bien. Ce qui pousse Lo Chay à en construire beaucoup plus que 1001...


Anne-Gaëlle Besse.

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Zoom sur : la politique de Coca-Cola sur l'eau

Manuel Berquet-Clignet est directeur du développement de Coca-cola (France). Il nous en dit un peu plus sur les actions du géant américain pour sauvegarder l'eau. Il revient aussi sur les accusations lancées contre la multinationale en Inde. L'entreprise a été pointée du doigt dans l'assèchement des nappes phréatiques.


La consommation mondiale d'eau a été multipliée par 6 au cours du siècle dernier et va encore doubler ou tripler d'ici 2050. Face à ces prévisions concernant une denrée vitale pour l'homme, Coca-cola a choisi de réagir, ce que nous explique Manuel Berquet-Clignet.






Avec un objectif ambitieux, que 100% de l'eau utilisée dans la production des produits Cola-cola retourne à la nature.






Première étape : réduire la consommation d'eau.






Deuxième étape : optimiser l'eau utilisée au lieu de la laisser s'évacuer dans les égoûts.






Troisième étape : travailler sur les sept plus grands fleuves mondiaux.






Malgré ses efforts, l'entreprise continue de cristalliser le mécontentement de certains. A sa défaveur, l'histoire des femmes du Kerala en 2004-2005 a marqué l'opinion. A la fin du colloque sur la ruée vers l'eau, la première question était adressée à Manuel Berquet-Clignet. Et concernait l'appropriation des nappes phréatiques au dépend des paysans colombiens ou indiens. Pas une surprise pour le représentant de Coca-cola.







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Zoom sur: la formation des acteurs du pouvoir judiciaire

Les accords multilatéraux et lois internationales qui défendent le développement durable se multiplient. L'enjeu est de s'assurer qu'ils soient respectés au niveau international. La clef pour y arriver? Le pouvoir judiciaire.




Bakary Kanté est le directeur de la Division développement des politiques et du droit de l'environnement au sein du PNUE (Programme des Nations unies pour l'environnement). Il a mis en place un programme de formation au droit de l'environnement et aux conventions internationales pour les présidents des tribunaux du monde entier . "Sans la règle de droit, on ne peut arriver à dépasser les problèmes de souveraineté des pays lors des négociations internationales. Pour contourner ces difficultés, il était indispensable que les présidents des tribunaux soient formés." Ils sont en effet à une place stratégique: proches du pouvoir éxécutif, du pouvoir législatif, tout en gardant leur indépendance et leur légitimité. "Le pouvoir judiciaire est indispensable pour pouvoir aller au delà des négociations et s'assurer que les accords multilatéraux soient bien appliqués", explique Bakary Kanté.

La prochaine étape est désormais de "former les procureurs, puis les avocats". C'est en effet essentiel que "ceux qui peuvent accuser et défendre sachent sur quoi ils peuvent se baser". Le programme du PNUE devrait aboutir dès juin 2010 après une réunion multilatérale dont l'objectif sera de mettre en place la formation. Dès 2009 les pays d'Asie devraient être formés à travers ce programme. Il sera ensuite étendu à tous les continents à travers un responsable par région. Pour Bakary Kanté, "c'est dans le pouvoir judiciaire et les personnes qui le représentent que réside tout l'espoir de l'avènement du développement durable".

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Zoom sur l'association Coeur Vert


Ce sont trois jeunes gens motivés, à l'avenir prometteur, qui ont décidé de tout plaquer pour se lancer sur la route du développement durable. Leur tour du monde écologique a duré un an, et Claire, Eric et Michael sont revenus avec un tas d'idées de bonnes pratiques qu'ils espèrent encourager et développer.

"Quand on parle environnement, ne parlons pas que négatif, assène Eric Perdigau, l'un des trois cofondateurs de l'association Coeur Vert. Il y a des gens qui se battent et qui ont des solutions." Et des solutions, les trois globe-trotters en ont trouvé au cours des onze mois qu'aura duré leur périple. Il y a par exemple l'initiative de ce docteur indien, qui a créé des toilettes écologiques pour répondre aux gros problèmes sanitaires auquel est confronté son pays. Il y a aussi cet Argentin qui a fait pousser une forêt de bambous, matériau d'avenir. (Une forêt de bambous ne met que trois ans à se renouveler entièrement, contre trente à quarante ans pour une forêt de chênes.)
Au total, trente-deux portraits pour trente-deux initiatives innovantes et "toutes reproductibles". C'est pour aller à la rencontre de ces acteurs du développement durable qu'Eric, Michael et Claire ont plaqué respectivement leurs jobs de chef de produit Internet, consultant et assistante parlementaire. "Dès que j'ai commencé à travailler, je n'ai pas trouvé un sens particulier à mon travail, raconte Eric. Donc j'ai décidé de prendre du temps pour réaliser quelque chose qui ait du sens."
Après trois ans d'économies et deux ans de préparation pour réunir les 60 000€ nécessaires au projet, destination l'Asie pour commencer, avant de mettre le cap sur l'Océanie puis l'Amérique du Sud. Quelques recherches sur Internet au préalable leur ont permis de se faire une idée des projets qu'ils allaient rencontrer. Et sur place, le bouche-à-oreille a bien fonctionné pour leur faire rencontrer les associations locales désireuses de se faire connaître.

"Les acteurs écologiques de demain"
Pendant toute la durée de leur voyage, les trois jeunes gens ont tenu un blog, pour sensibiliser en particulier les enfants. "On peut développer l'écocitoyenneté très jeune, explique Claire Holveck. On a travaillé avec des enfants de maternelle, des enfants de cinq ans, et ce n'étaient pas les moins concernés. Ils sont le relais entre notre message et leurs parents." En tout, dix-sept classes ont participé à l'expérience dans toute la France. Les enfants ont mis en place des centres de tri dans la cour de leur école, ont créé des slogans sur l'environnement. "Ce sont les acteurs écologiques de demain", affirme Claire.
La prochaine étape de l'association, c'est le trophée Coeur Vert. Les trente-deux projets sélectionnés sont présentés sur leur site ; les internautes pourront prochainement voter pour choisir le lauréat qui sera aidé financièrement, et donc développé. L'aventure ne s'arrête pas là. Les trois globe-trotters écolos comptent intervenir dans plusieurs villes de France pour sensibiliser au développement durable, et espèrent pouvoir tirer un livre et une exposition photos de leur expérience.
Clara Baudel

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Brésil: quel modèle de développement pour les biocarburants?


36% des carburants au Brésil sont produits à partir de plantes (canne à sucre principalement). Ces biocarburants sont cultivés à 80% par des entreprises nationales ou multinationales et à 20% par les petits producteurs. Deux modèles de developpement très différents.


Les grandes entreprises au Brésil produisent quasiment exclusivement du biodiesel à partir du soja et de l'éthanol à partir de canne à sucre, soit les deux biocarburants de première génération. Face à cette concurrence, les petits producteurs essayent de diversifier leur production en utilisant d'avantage de ressources naturelles à transformer. 250 000 familles, réparties dans 18 Etats du Brésil, sont regroupés dans le mouvement des petits agriculteurs (MTA), représenté aujourd'hui par son directeur Valter Israel da Silva.
" Beaucoup de petits producteurs ont abandonné les cultures vivrières pour les cultures énergétiques. Notre mouvement les incite maintenant à garder les deux productions et utiliser les déchets organiques liés à la production alimentaire pour cultiver des biocarburants. L'autre proposition du MTA est de contrôler tout le cycle agricole, depuis la production jusqu'à la distribution. Actuellement, 25 000 familles tentent une première expérience dans l'Etat du Rio Grande do Sul. Elles supervisent tout le cycle de l'éthanol, ce qui est une condition de notre autonomie."

"Le marché des biocarburants est politique"

Bernardo Mançano Fernandes, professeur de géographie à l'université de Sao Paulo, soutient que les deux modèles de développement qu'il appelle "l'agro-business" et "l'agriculture paysanne", sont complémentaires et peuvent permettre au Brésil de développer encore plus sa production de biocarburants.

"50% de la production alimentaire est assurée par les petits producteurs au Brésil et ils gagnent du terrain dans la production énergétique. Le changement est important, même s'ils ne seront jamais compétitifs avec l'agro-business. Le marché des biocarburants est politique et au Brésil, le modèle de production local, à plus petite échelle, doit être également soutenu."

Bernardo Mançano est également conseiller du Mouvement des sans terre (MST) sur les questions de production, d'éducation et d'organisation politique.
Julie Albet

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Bruits de couloir: Amélie et les couches de ses enfants

L'écologie, c'est d'abord du concret. Vendredi matin, lors de la conférence "Génération 2008: génération responsable?", une spectatrice a appelé les jeunes de la salle à l'aide. "Bonjour, je m'appelle Amélie, j'ai cinq enfants, donc cinq tonnes de couches sur la conscience." Pour soulager un peu son âme, cette amie de la nature a cherché des couches non polluantes. "J'ai trouvé des couches sans chlore dans des magasins bios, elles sont grises et pas blanches, mais on n'en trouve pas dans les grands magasins. Je m'adresse aux futurs responsables des achats dans la salle pour faire pression sur les grandes surfaces." Nous relayons son appel.

Anne-Gaëlle Besse
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jeudi 9 octobre 2008

La bonne idée de Sylvie, étudiante à l'ESCIP

Sylvie est étudiante en quatrième année à l'ESCIP de Saint-Omer. Avec ses camarades étrangers, elle a monté des stands ludiques pour sensibiliser les lycéens. Mais pour elle, la protection de l'environnement passe par des petites actions dans la vie de tous les jours. "Je n'utilise que des produits d'entretien biodégradables. Par exemple, un petit truc tout simple, c'est d'utiliser du vinaigre blanc pour détrartrer." Une astuce de grand-mère pratique et 100 % écolo pour la jeune fille qui reconnaît ne pas toujours acheter bio, car "quand on est étudiant, on n'a pas forcément les moyens". Alors, pour compenser, pas de voiture, du tri sélectif, et "faire attention à l'eau quand on se douche ou qu'on se brosse les dents".
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Zoom sur : Nestlé, Nord-Pas-de-Calais et obésité

Nestlé, Nord-Pas-de-Calais et obésité, le lien n'est pas évident de prime abord. Une recherche sur Google plus tard et la réponse tombe, du nom de deux villes de la région : l'étude Fleurbaix - Laventie Ville Santé. Depuis 1992, l'entreprise agroalimentaire suisse contribue à la lutte contre le surpoids des jeunes enfants dans ces deux villes du Nord-Pas-de-Calais. Un combat que défend Niels Christiansen, vice-président de Nestlé. Et pour cause, l'homme dirige des groupes de travail sur ce problème de santé au niveau européen comme au sein de l'OMS.

L'étude ne dénote pas non plus avec la politique de Nestlé : informer les gens pour qu'ils se comportent mieux. En l'occurrence, l'éducation nutritionnelle des enfants. "Aujourd'hui, le repas typique d'un enfant, c'est pommes-frites et sodas", déplore Niels Christiansen. Familiariser les jeunes avec les fruits et légumes dès la maternelle, promouvoir les jeux actifs et les activités physiques, le but est claire : éviter la prise de poids excessive des enfants de 5 à 12 ans.

C'est du moins l'objectif du programme de prévention Epode (Ensemble, prévenons l'obésité des enfants), déclinaison de l'étude Fleurbaix - Laventie Ville Santé. Car cette dernière a fait des émules, après des résultats significatifs. Alors que la prise de poids moyenne des enfants de la région était multipliée par deux en dix ans, celle des enfants des deux villes est restée stable.

Aujourd'hui, en France, 18% des enfants sont en surpoids, dont 3,5% obèses (*). "Avec l'augmentation de l'obésité, éduquer des enfants sur leur régime alimentaire est une des choses les plus importantes du monde. Nous avons commencé il y a quinze ans dans le Nord-Pas-de-Calais, et le programme s'est étendu à plus de 50 villes en France, puis cinq pays en Europe, et il continue de se développer".

Si l'action est centrée sur les enfants, c'est parce qu'un enfant obèse risque fortement de le rester à l'âge adulte, diminuant de 13 ans son espérance de vie de par l'augmentation considérable de maladies associées (maladies cardio-vasculaires et diabète de type 2). Mais Niels Christiansen n'oublie pas non plus "qu'à travers les enfants, il est aussi possible d'éduquer les parents".

* : une personne est considérée comme obèse quand son indice de masse corporelle (poids/taille²) dépasse 30.


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Zoom sur la Laiterie du Berger

"Beaucoup de potentiel n'est pas valorisé en Afrique parce que ça coûte trop cher", dénonce Bagoré Bathily. Ce vétérinaire sénégalais a fondé en 2006 la Laiterie du Berger, une entreprise qui organise la récolte de lait auprès des éleveurs pour fabriquer et commercialiser des produits laitiers exclusivement locaux. Il compte ainsi faire face à la concurrence du lait en poudre importé, qui occupe près de 90 % du marché. L'an dernier, 600 éleveurs du Sénégal ont bénéficié de son initiative, et ont réussi à tripler leurs revenus.



Bagoré Bathily explique la naissance et le mode de fonctionnement de son entreprise :




Les débuts n'ont pas été simples : le projet avait besoin d'un million d'euros pour démarrer, alors que l'activité était "relativement risquée car innovante". "Ce n'était pas très attractif pour un banquier", concède Bagoré Bathily, qui est d'abord passé pour un rêveur résolument optimiste :




Aujourd'hui, la Laiterie du Berger fait son chemin à Dakar, en attendant de se développer dans d'autres villes du Sénégal. D'après le chef d'entreprise, il ne manque que du temps pour que son activité devienne rentable, et les perspectives d'avenir sont plutôt bonnes :




Si Bagoré Bathily est venu cette année au World Forum, c'est pour parler de son expérience, mais aussi bénéficier de celle d'autres acteurs économiques :


Clara Baudel

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Zoom sur : Du soja pour nourrir la planète?

En 2050, notre monde comptera près de 10 milliards d'individus. Si nos habitudes alimentaires restent les mêmes, il nous faudra une seconde Terre pour nourrir ses habitants. Pour Jean Cornet, directeur marketing et innovation de la société Belge Alpro Soya, le soja est une solution efficace à ce problème.




"Toutes les 5 secondes, un enfant meurt de faim dans le monde". Le constat de Jean Cornet est accablant. Près d'un milliard de personnes souffrent de malnutrition sur Terre.

Pour vivre en bonne santé, l'homme a besoin d'un apport minimal journalier en protéines. Des protéines qui peuvent provenir du monde végétal ou du monde animal. Mais l'impact environnemental n'est pas du tout le même lorsqu'il s'agit de produire ces deux sources de protéines.

La production de protéines végétale nécessite en effet 10 fois moins de terre, 11 fois moins de combustibles fossiles et jusqu'à 100 fois moins d'eau que les protéines animales. Mais pourquoi le soja? "C'est tout simplement la graine la plus riche en protéines du monde végétal", explique Jean Cornet.

Alors, le soja, une solution miracle? Pas si sûr. Difficile en effet de changer les habitudes de consommation des êtres humains. Et lorsqu' elles changent, c'est rarement en faveur des protéines végétales. "Plus le niveau de vie des personnes augmente, plus ils ont recours aux protéines d'origine animale dans leur alimentation", fait remarquer Jean Cornet.

Autre problème : la culture du soja, dans de nombreux pays, est synonyme de destruction d'espaces vierges, notamment en Amazonie. "Chez Alpro, nous nous fournissons chez des producteurs situés loin des zones de déforestation", souligne Jean Cornet.

Freins psychologiques, problèmes dans la gestion des cultures... De nombreux obstacles se dressent encore devant le soja avant qu'il ne devienne une protéine miracle.

Olivier Cougard

Crédit photo : mikeelmadrileno/flickr


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